Cérémonie de commémoration du 8 mai

La cérémonie s’est tenue place François Mitterrand mercredi 8 mai 2024.

DISCOURS DE M. JACQUES SEBI – MAIRE DE MONTRABE

Commémorer, c’est se souvenir ensemble, au bénéfice d’une réflexion collective, pour tirer le meilleur parti des leçons du passé.

Commémorer, en ce 8 mai, la victoire sur le fascisme et le nazisme, doit être l’occasion de revenir sur la montée de ces courants, sur les raisons qui ont pu amener les peuples européens à succomber à la tentation des solutions extrêmes.

Cette réflexion fut mise en place il y a 80 ans par Jean Moulin, pour aboutir un an après sa mort, à la création en mars 1944 du Conseil National de la Résistance : le CNR. Le CNR a joué un rôle majeur dans l’établissement des avancées sociales en France après la seconde guerre mondiale. Il a rétabli le suffrage universel, la liberté de la presse, contribué à la création de la Sécurité sociale, des retraites par répartition et des conventions collectives des travailleurs. Toutes ces avancées mises en place dans le cadre de ce CNR, visaient à reconstruire la FRANCE sur des bases de justice sociale.

Pour cela, le 8 mai reste, aussi, une date synonyme de réconciliation et de reconstruction rendues possibles par des esprits qui avaient pourtant mille raisons d’être revanchards, mais qui ont fait le choix infiniment plus difficile d’œuvrer pour la paix. Je pense à Robert Schuman, à Simone Veil ou à Robert Badinter, qui malgré « l’impossible pardon », ont su placer l’intérêt collectif au-dessus de leur martyr personnel.

Grâce à ces femmes et à ces hommes exceptionnels, qui ont souffert dans leur chair les horreurs de la guerre, l’Europe s’est imposée depuis bientôt huit décennies comme un projet politique et un espace de paix, de liberté et de prospérité. Cet espoir d’initier une véritable démocratie politique, économique et sociale, qui se réclamait d’un idéal humaniste, ne doit pas être étouffée par la montée des enjeux marchands et financiers.

Ne rejetons jamais le concept d’union européenne.

Ne négligeons pas, en particulier chez les jeunes, des valeurs comme l’empathie, la solidarité et l’ouverture au monde. Il y a incontestablement une prise de conscience des problèmes et des solutions à apporter.

« Aucun homme n’est une île » disait le poète John Donne pour souligner le lien qui unit la totalité des êtres. Il terminait ce grand texte par une formule inoubliable : ” Je fais partie du genre humain et en conséquence n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas ; il sonne pour toi”.

Hemingway devait en tirer le titre d’un roman consacré à la lutte des républicains espagnols et des brigades internationales, abandonnés par une France frileuse, qui les recevra mais les internera sous l’étiquette infamante de groupes « indésirables ». Aujourd’hui, les « indésirables » sont les réfugiés climatiques et économiques, stigmatisés par les démagogues de tous poils, qui alimentent les peurs avec les théories du complot, les fantasmes d’invasion généralisée ou de grand remplacement. Il s’agit, pour eux d’empêcher les gens de regarder la réalité en face.

En cette période critique où nous entendons sonner le glas, il faut comprendre évidemment qu’il sonne aussi pour nous.

Réaffirmons notre soutien à l’Ukraine, à son peuple, et notre inconditionnel attachement au droit international et aux valeurs de paix et de dignité humaine.

C’est à la fois notre devoir mais aussi le meilleur hommage que nous puissions rendre à celles et ceux qui ont oeuvré il y a des décennies pour que l’Europe soit un espace libre, de paix et de tolérance.

Vive la République, vive la France.

le message officiel de M. Sébastien LECORNU, ministre des Armées et de Mme Patricia MIRALLES, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants à l’occasion de la commémoration du 79ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945

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